Papy

Papy
La neige continue de tomber,
Elle s'engouffre dans notre peine,
Se fige en un bloc glacé,
Et nos souvenirs gèlent.
Doucement, elle se tasse,
Sur toute pensée trop difficile,
Et des poignards de glace,
Parsèment les sutures fragiles.

Le vent continue de souffler,
A l'intérieur de nos maisons,
Dans nos c½urs éventrés,
Ouverts à la froide saison.
Violemment, il hurle,
Le désarroi muet en nous,
Secoue et brûle,
Les âmes qui pleurent à genoux.

Le temps continue de s'écouler,
Comme si rien n'altérait son cours,
Devant tant de personnes, sans pitié,
A qui il n'efface aucun fardeau trop lourd.
Il passe juste sur nos corps,
Nous faisant plus plier,
Pour nous soutirer encore,
D'autres morts à pleurer.

Seule la souffrance s'arrête,
Laissant un peu vaincu,
Laissant enfin en paix,
Un homme qui a bien vécu.
Elle accorde son ultime grâce,
Une échappée obligatoire,
De ses mains qui embrassent,
Et emmènent les bons de l'autre côté du miroir.

Et les gens continuent à vivre,
Fermant fenêtres et portes en vain,
En espérant éloigner la glaciale bise,
Qu'émet la respiration de la fin.
Ils oublient enfin peu à peu,
Le visage, les traits et le froid,
Pour avancer encore un peu.
Même si Papy n'est plus là...

Plus de visage, plus de coeur et plus de traits.
Papy s'en est allé à jamais.
Plus de rires, plus un mot, plus de retour,
Papy est parti pour toujours.
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# Posté le mercredi 13 janvier 2010 06:44

Elle et Lui...

Elle et Lui...
Il était fort, il était grand. Elle était droite, elle était belle. Il était son chevalier blanc. Elle était son immense reine. Le temps a vaincu la force, La femme s'est courbée sous son poids, Et leurs peaux sont deux écorces, Qui s'écorchent sous nos doigts.

Il s'éteint comme une étoile filante dans le ciel, Il perd sa conscience et sa vie, Elle le retient de ses mains de vieille, Elle perd sa patience et son énergie. Parfois contre son torse creux et froid, Elle replie ses bras maigres et tremblants, Pleure cette coquille qui ne la sent même pas, Prie pour que la mort l'oublie encore cent ans.

Et il meurt doucement contre sa poitrine vide, Dans un souffle rauque et douloureux, Sans même reconnaître tous ces gens qui l'admirent, Et qui frissonnent devant ses traits fatigués et rugueux. Diminué, il s'inquiète de tout, Elle l'apaise, s'énerve pour cacher sa peine, Il s'éloigne encore plus de nous, Tandis qu'elle dissimule ses larmes à ses pairs.

Sa tête est déjà bien loin, Sa femme se cramponne toujours, Tout le monde connait la fin, Mais elle s'accroche à son amour. Elle tient sa tête quand il boit avec difficulté, Change ses draps et habille son bien aimé, Elle le coiffe, le lave, l'écoute et parle, Mais plus un son ne sort de ses lèvres diaphane.

Elle l'aimait, Elle l'aimait Tant.... Il était son chevalier blanc.
Il l'aimait, Il l'aimait, elle... Elle était son immense reine.
Ils s'aimaient, Ils s'aiment encore. Qu'il y ait vie, Qu'il y ait mort.
Il meurt, il meurt... Mais juste dans ses bras.


Pas dans nos coeurs.
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# Posté le vendredi 18 décembre 2009 11:44

Modifié le vendredi 18 décembre 2009 12:06

Déjà un an...

Déjà un an...
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Le temps a beau s'étendre sur ma peine. Les jours s'écouler après ta mort. Rien n'efface le volcan froid de tes veines, Qui macule mes souvenirs et mon corps. Toujours la même incompréhension, La même douleur brûlante dans ma tête. Et sans fin ton rire à l'horizon, Qui résonne encore les jours de fête. Mais tu n'es plus là. Ta chaise est vide à notre table. Sous ce néant, je ploie, Incapable d'accepter ton départ...

Tu es parti sans même savoir où aller, J'espère pour toi que nos illusions et inepties, Ne sont pas que des contes de fée, Des histoires, des fables qui nous promettent le paradis...

Mais qui ne laisse que la mort... Et une attente glaciale emplie d'obscurité.

RIP Romain

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# Posté le mercredi 02 décembre 2009 14:42

Si c'est un homme

Si c'est un homme
"Peu à peu, le silence s'installe, et alors, du haut de ma couchette au troisième étage, je vois et j'entends le vieux Kuhn en train de prier à haute voix, le calot sur la tête, balançant violemment le buste. Kuhn remercie Dieu de ne pas avoir été choisi.

Kuhn est fou. Est-ce qu'il ne voit pas, dans la couchette voisine, Beppo le Grec, qui a vingt ans, et qui partira après-demain à la chambre à gaz, qui le sait et qui reste allongé à regarder fixement l'ampoule, sans rien dire et sans plus penser à rien? Est-ce qu'il ne sait pas, Kuhn, que la prochaine fois ce sera son tour? Est-ce qu'il ne comprend pas que ce qui a lieu aujourd'hui est une abomination qu'aucune prière propitiatoire, aucun pardon, aucune expiation des coupables, rien enfin de ce que l'homme a le pouvoir de faire ne pourra jamais plus réparer?

Si j'étais Dieu, la prière de Khun, je la cracherais par terre."



Primo Levi - "Si C'est Un Homme"
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Si C'est Un Homme - Moi


Si c'est un homme, celui qui crève de faim,
En guenilles avec résignation,
Qui craint plus la vie que la fin,
Qui est battu et humilié sans raison,

Si c'est un homme, et c'en est un,
Avec lequel d'autres ont fait preuve d'abandon ,
Ou qui a été brisé par leurs poings,
Dans ces camps de morts et de concentration,

Si c'est homme, enfin,
Abattu et meurtri par le sort,
Dépouillé de ses droits par les siens,
Guidé sans lumières jusqu'à la mort,

Si c'est un homme, encore,
Celui-là, assis seul, qui n'est plus rien,
Juste un tas d'os qui mange et qui dort,
Alors, vous n'en êtes plus un.


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# Posté le mardi 01 septembre 2009 10:48

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 05:58

Elle

Elle

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."Elle est ce muret oublié dans le fond d'un jardin sauvage, Ce mur qui n'a pas de naissance, ni de mort, Un peu fissuré par les intempéries et les âges, Un peu recouvert par les lierres grimpants et les passiflores. Ce muret se dresse contre le temps, Appui éternelle pour nos larmes et nos solitudes, Exposé et déchiré par les vents, Protection des coups et des amertumes. Immortel vestige du passé, Il se prête à toutes peines, Et se chauffe au soleil en été, Encadré par des herbes roussies et des abeilles. Elle est cela et bien plus, Confidente solide de ces temps immémoriaux et brillants, Grand-mère à ses heures perdues, Elle me remplit de fierté de porter son sang."

Je t'aime Mamy
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# Posté le lundi 03 août 2009 12:59

Modifié le mardi 04 août 2009 06:30