Elle s'engouffre dans notre peine,
Se fige en un bloc glacé,
Et nos souvenirs gèlent.
Doucement, elle se tasse,
Sur toute pensée trop difficile,
Et des poignards de glace,
Parsèment les sutures fragiles.
Le vent continue de souffler,
A l'intérieur de nos maisons,
Dans nos c½urs éventrés,
Ouverts à la froide saison.
Violemment, il hurle,
Le désarroi muet en nous,
Secoue et brûle,
Les âmes qui pleurent à genoux.
Le temps continue de s'écouler,
Comme si rien n'altérait son cours,
Devant tant de personnes, sans pitié,
A qui il n'efface aucun fardeau trop lourd.
Il passe juste sur nos corps,
Nous faisant plus plier,
Pour nous soutirer encore,
D'autres morts à pleurer.
Seule la souffrance s'arrête,
Laissant un peu vaincu,
Laissant enfin en paix,
Un homme qui a bien vécu.
Elle accorde son ultime grâce,
Une échappée obligatoire,
De ses mains qui embrassent,
Et emmènent les bons de l'autre côté du miroir.
Et les gens continuent à vivre,
Fermant fenêtres et portes en vain,
En espérant éloigner la glaciale bise,
Qu'émet la respiration de la fin.
Ils oublient enfin peu à peu,
Le visage, les traits et le froid,
Pour avancer encore un peu.
Même si Papy n'est plus là...
Plus de visage, plus de coeur et plus de traits.
Papy s'en est allé à jamais.
Plus de rires, plus un mot, plus de retour,
Papy est parti pour toujours.

